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 Fodjo Kadjo ABO

Ces mépris qui perdent leurs auteurs

1 Avril 2011, 20:52pm

Publié par Fodjo Kadjo ABO

DSC_0003.jpg« Qui bat la femme d’un jeune se bat deux fois ». Tel est le proverbe que j’ai choisi de soumettre à la réflexion des internautes qui me font l’honneur et le plaisir de visiter mon modeste blog.

Depuis toujours l’homme se considère comme le protecteur de la femme, appelée sexe faible. Il se fait le devoir de la secourir dans toutes les situations difficiles, en particulier quand elle est victime d’une agression.

Il est évident qu’on ne peut prendre la défense d’une personne que si on a les ressources physiques et intellectuelles nécessaires. Un aveugle ou un paralytique a beau avoir la meilleure volonté du monde il lui sera difficile, pour ne pas dire impossible, de secourir une personne agressée sous ses yeux.

Un vieil homme, du fait que ses forces ont décliné, se retrouve dans un état de faiblesse physique qui ne lui permet pas de se battre. De ce fait si sa femme est prise à partie, tout ce qu’il peut faire c’est de chercher à éviter qu’elle soit battue ou, tout au plus, de s’interposer entre elle et son agresseur pour tenter de les séparer.

Informé que son épouse a été battue en son absence, il ne nourrira pas une idée de vengeance. Sachant que les rapports de force ne sont pas en sa faveur il ne voudra pas en rajouter à l’affront qui lui a été fait en se faisant battre à son tour. Il cherchera à faire rendre justice à sa conjointe s’il ne s’en remet pas purement et simplement à Dieu.

Vous pouvez vous permettre de battre une femme célibataire à satiété et vous pavaner devant sa maison en sifflotant, les mains dans les poches. Vous pouvez faire la même chose à la conjointe d’un vieil homme incapable de réaction et clamer à qui veut vous entendre qu’il n’y a rien ni personne en face de vous. Mais amusez-vous à battre la compagne d’un jeune : vous ne tarderez pas à réaliser que vous avez un adversaire de taille en face de vous !

Rares sont les jeunes qui se croisent les bras quand leurs compagnes sont battues devant eux. Ils n’hésitent pas à laver l’affront, quand bien même les rapports de force ne seraient pas en leur faveur. Ils sont prêts à se battre de toutes leurs forces, quitte à mordre la poussière ou à mourir, ne serait-ce que par orgueil.

Bien entendu, s’ils sont prêts à mourir pour sauver l’honneur, il va sans dire qu’ils n’hésiteront pas à commettre des crimes pour les mêmes considérations. S’il leur manque les ressources nécessaires pour laver l’affront, ils cèderont à la tentation de recourir à des moyens déloyaux : coupe-coupe, poignard, gourdin, arme à feu, etc. Les prisons regorgent de jeunes gens qui, pour secourir ou venger leurs compagnes, se sont rendus coupables d’assassinats, de meurtres, de coups mortels ou de blessures volontaires.

De même, nombreux sont les teigneux qui se sont retrouvés dans des hôpitaux ou au tombeau pour avoir battu les compagnes de jeunes gens. Parmi eux il y en a qui se croyaient invincibles ; on leur a fait mordre la poussière en dépit de leur détermination, de leur robustesse et des soutiens sur lesquels ils comptaient.

« Qui bat la femme d’un jeune se bat deux fois ». Par ce proverbe il faut entendre que ce ne sont pas toutes les femmes qu’on peut battre impunément. Certaines ont des frères qui n’hésiteront pas à les secourir ou, au besoin, à le venger si elles sont agressées. D’autres ont des amants ou des conjoints prêts à faire de même. Ces derniers sont d’autant plus intrépides qu’ils sont jeunes.

La sagesse commande donc qu’avant de s’en prendre à une femme on réfléchisse mûrement et, surtout, qu’on s’assure qu’elle n’est pas la compagne d’un jeune. Pour ne l’avoir pas fait, bien des gens ont été contraints de se battre deux fois. Parmi ces imprudents il y en a qui en sont venus à se mordre les doigts.

Ce proverbe, rapporté à la vie quotidienne, nous enseignent que ce n’est pas à toutes les personnes, physiques comme morales, qu’on peut s’attaquer impunément. Il nous invite à nous entourer de précautions avant d’agir ou de réagir dans toutes les situations où nous pouvons être amenés à nous trouver. Mais combien sommes-nous à observer ces règles de prudence ?

Dans l’exercice de leurs fonctions, de nombreux éléments de la force publique se permettent des abus. Ayant en face d’eux des citoyens apparemment sans défense, ils pensent qu’ils peuvent les brutaliser, les arrêter arbitrairement ou leur extorquer des fonds. Ils ne s’imaginent pas que ces pauvres personnes peuvent avoir des personnalités influentes dans leur entourage. Et c’est très souvent que des auteurs de tels abus en viennent à payer très cher leurs indélicatesses.

Dans de nombreux pays des employeurs se permettent des abus aux dépens de leurs personnels. Ils les traitent comme des sous-hommes et n’hésitent pas à les licencier pour des motifs imaginaires ou contestables. Se fiant à la situation de faiblesse dans laquelle ceux-ci se trouvent ils refusent même de leur payer la moindre indemnité ; ils se permettent de leur tenir de surcroit des propos dédaigneux du genre : « Vas te plaindre où tu veux ». Ils ne s’imaginent pas que ces pauvres salariés peuvent avoir des parents, amis alliés ou connaissances prêts à prendre leur défense.

Dans de nombreux domaines, des individus se permettent d’abuser de la faiblesse de leurs prochains. Ils ne s’imaginent pas qu’en agissant ainsi ils s’attaquent à des « épouses de jeunes gens ». C’est par la suite qu’ils s’aperçoivent que derrière ces pauvres il y a des soutiens de taille.

Cette réalité devrait nous inciter à la plus grande prudence aussi bien dans nos actions que dans nos réactions face à certaines situations. L’habit ne fait pas le moine. Ceux que nous prenons pour de pauvres types peuvent avoir des appuis que nous sommes loin de soupçonner. Pour  ne l’avoir pas compris, trop de gens se lancent dans des aventures suicidaires.

Et s’il y a un domaine où cette attitude est le plus déplorée de nos jours, c’est bien dans celui de la politique. De nombreux hommes d’Etat commettent trop souvent l’erreur de sous-estimer et de mépriser leurs adversaires au point de les persécuter, eux et leurs partisans, ou de les frustrer de leur victoire quand il y a des élections. Ils ne se disent pas que tout homme politique est « la femme d’un jeune », celui-ci n’étant autre que sa famille politique.

Nous sommes sans doute nombreux à connaitre des exemples de convulsions publiques, de graves crises politiques et de rébellions armées auxquelles des gouvernants ont eu à faire face pour s’être attaqués à des opposants qu’ils avaient sous-estimés. Nous connaissons des souverains qui ont chuté pour avoir tenté de voler la victoire d’adversaires qu’ils ne savaient pas être soutenus par le peuple : ils leur avaient toujours privé de l’occasion de manifester leur popularité.

Sous prétexte de défendre la souveraineté de leurs pays ou de lutter contre l’impérialisme, des gouvernants commettent l’imprudence de s’en prendre à des multinationales et à des entreprises étrangères.  Ils n’hésitent pas à les harceler fiscalement, à les nationaliser ni à les réquisitionner arbitrairement. C’est par la suite qu’ils réalisent, à leurs dépens, qu’ils ont « battu des femmes de jeunes ».

Trop de gouvernants ont eu à faire ou font face à des coups d’Etat, à des rébellions armées et à de graves crises sociopolitiques parce qu’ils ont eu l’outrecuidance de s’attaquer aux intérêts  de grandes puissances soi-disant au nom de la défense de la souveraineté.

« Qui bat la femme d’un jeune se bat deux fois ». On pourrait donner, dans de nombreux domaines de la vie, des exemples qui montrent l’intérêt que nous avons à faire de ce proverbe abron notre lanterne.Nul n'est trop faible pour qu'on puisse le mépriser ou le brimer en clamant avec désain : "Il n'y a rien en face".

Avant de menacer les intérêts d’un individu, d’une entreprise, d’une institution ou d’un pays, n'ayons pas la vanité de dire que nous n'avons pas d'adversaire en face de nous ; prenons-le en considération en ayant soin de nous rassurer qu’ils ne sont pas « mariés à des jeunes ». De cette manière nous nous mettons à l’abri de surprise désagréables. A bon entendeur, salut !

                                                Fodjo Kadjo ABO

                                                Ecrivain

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J
<br /> Encore une contribution ô combien intéressante comme sait si bien en produire Maître Fodjo Abo Kadjo. Je dis Maître ici non pas au sens où l’entend le public qui attribue souvent à tort ce<br /> déterminant aux magistrats mais plutôt au sens de personne qui maîtrise un domaine, et en l’espèce l’art de la pensée et de la parabole.<br /> Cet adage “Celui qui bat la femme d’un jeune se bat deux fois”est comme toujours en lien avec notre actualité mais permet aussi de se référer à d’autres adages que M. Fodjo a déjà soumis à notre<br /> appréciation.<br /> En effet, la première question que cette pensée pose est de savoir qu’est ce qui peut pousser quelqu’un à aller battre la femme d’un jeune en dépit des risques encourus ?<br /> Une première réponse peut être le manque d’information. En effet, il n’est pas écrit sur le front de chaque femme que nous rencontrons dans la rue l’âge, la taille, le poids et le tour des biceps<br /> ou des pectoraux de son mari, fiancé ou amoureux. On peut donc de bonne foi se croire autorisé à la brutaliser mais il me semble que le premier réflexe devrait être d’abord de ne jamais lever la<br /> main sur une femme. En effet, la femme est dite du sexe faible : il n’y a donc aucun courage à la battre et le faire c’est faire montre de lâcheté. Si, malgré le fait que nous ayons connaissance de<br /> ce que cette femme est mariée, nous persistons dans cette voie, le deuxième réflexe devrait être de s’assurer que le mari est inoffensif. A titre personnel et dans un autre domaine, la règle que je<br /> me suis fixé ces temps ci est de ne jamais aller concurrencer un membre des corps habillés, comme on les appelle, sur une jeune fille, même si celle-ci n’a aucun lien amoureux avec lui. En effet,<br /> en ces temps encore récents d’impunité, un militaire amoureux éconduit pouvait très bien vous abattre sans qu’aucune sanction ne lui soit infligée. Il en est d’ailleurs de même pour celui qui irait<br /> battre la femme d’un militaire…Fermons la parenthèse.<br /> Si connaissant les caractéristiques physiques, financières ou autres du mari de la femme convoitée et sachant que nous lui sommes inférieur en l’un ou l’autre de ces domaines nous persistons à nous<br /> engager dans cette voie a priori sans issue favorable pour nous, alors, soit nous sommes inconscient, soit nous somme fou, soit nous comptons sur un ou des appuis extérieurs pour réussir notre<br /> téméraire entreprise.<br /> <br /> Et c’est là que nous revenons à un premier adage déjà lu sur ce blog, à savoir la devise de l’escargot “S’il ne tenait qu’à moi, on n’entendrait jamais un coup de fusil en brousse” ou l’éloge de la<br /> saine appréciation des réalités et des rapports de force ou de l’utilité de savoir faire la différence entre le courage et la témérité. Déjà aller battre une femme est loin d’être une preuve de<br /> courage mais en plus s’attaquer à celle d’un homme qui nous est supérieur au moins physiquement c’est carrément la marque d’une inconscience totale frisant la démence…<br /> Il est cependant possible d’aller chatouiller la fierté du jeune si nous somme plusieurs. Dans ce cas, la force du surnombre compensera la faiblesse individuelle. Mais ce ne peut être qu’une<br /> victoire éphémère car, à moins de ne se déplacer en permanence qu’à plusieurs, ce qui est difficile, l’on risque un jour de se retrouver seul face au jeune et alors la sanction risque fort d’être<br /> mémorable en termes de cotes cassées, de nez éclaté et de contusions multiples.<br /> <br /> D’autres se lanceront dans l’aventure en comptant sur l’aide de ….Dieu.<br /> <br /> Et oui ! Et là encore retour à l’article de M. Fodjo intitulé “Quand Dieu désavoue ses serviteurs”. La grande majorité des ivoiriens sont devenus des fous de Dieu. A tout bout de champ, ils<br /> invoquent le nom de Dieu : “ Eeeeh Dieu !” ; “Dieu bénisse la Côte d’Ivoire !” ; “Dieu est aux commandes” ; “C’est Dieu qui est fort” ; “l’Eternel des Armées” ; “Tout ce que Dieu fait est bon” ; et<br /> la liste est longue de ces références continuelles à Dieu. Les pasteurs et autres charlatans abondent et s’enrichissent. Ils étaient même dans l’entourage immédiat du pouvoir.<br /> Quoi donc d’étonnant si de nombreux ivoiriens se lancent dans les entreprises les plus folles sans autre assurance que l’invocation de Dieu ?<br /> Quoi donc d’étonnant si malgré toutes les grandes personnes qui ont voulu lui retirer le couteau sans manche, l’enfant a décidé d’aller blesser sinon tuer son camarade alors même qu’il avait fini<br /> par s’apercevoir que celui-ci avait derrière lui non seulement ses parents et amis mais aussi des voisins et même des étrangers.<br /> Des pasteurs ne lui avaient-ils pas seriné à longueur de journée que Dieu était avec lui ? Que ce couteau sans manche lui était destiné depuis l’éternité et qu’il en resterait le détenteur jusqu’à<br /> la fin des temps ? Ne pratiquait-il pas continuellement des jeûnes et des cultes à la gloire de l’Eternel des Armées ? Le pasteur Koné Malachie en personne qui dispose d’une ligne téléphonique<br /> permanente avec le Créateur ne lui avait-il pas prédit qu’il serait vainqueur de cette guerre sainte ? Il ne pouvait que vaincre…<br /> L’issue de la bataille a été terrible ! L’enfant se retrouve désarmé de force, blessé par le couteau, humilié, ayant tout perdu alors qu’on avait essayé de l’amadouer pour qu’il rende le couteau<br /> sans que personne ne soit blessé et dans le processus de désarmement plusieurs de ses parents sont morts ou blessés.<br /> Tout cela pour n’avoir pas su apprécier sainement les rapports de force et avoir cru qu’en face il n’y avait que maïs…<br /> Oui !qui bat la femme d’un jeune se bat deux fois et bien souvent c’est lui qui est battu.<br /> Voilà cher Abo Kadjo Fodjo les réflexions, un peu longues je vous l’accorde et m’en excuse, que m’inspire le thème de cet article. Je vous remercie de l’occasion que vous m’avez encore offert d’en<br /> discuter.<br /> <br /> Avertissement : Toute ressemblance de certains faits relatés avec des évènements récents survenus dans notre pays n’est que pure coïncidence….<br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> Bonjour Monsieur John Major<br /> <br /> <br /> C'est toujours avec plaisir et intérêt que je lis vos commentaires sur mes articles. J'avoue que j'apprécie beaucoup votre capacité d'analyse, qui montre que vous êtes différent de bien<br /> d'internautes qui les lisent de façon superficielle.<br /> <br /> <br /> Cordialement<br /> <br /> <br /> <br />