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 Fodjo Kadjo ABO

La symbolique du péché originel

24 Juillet 2011, 22:11pm

Publié par Fodjo Kadjo ABO

DSC_0051--2-.JPGSi l’on en croit l’Ecriture sainte, Adam et Eve sont nos premiers ancêtres. Ils vivaient heureux dans un eldorado qui n’avait rien à envier au paradis : le Jardin d’Eden. Dieu leur dit qu’ils pouvaient manger des fruits de tous les arbres de ce jardin, à l’exception d’un seul : celui de la connaissance du Bien et du Mal

Ainsi donc, le couple adamique était assuré de savourer éternellement les délices de ce paradis terrestre à condition de ne pas goûter au fruit qui lui était défendu. Hélas ! Adam et Eve ne surent pas saisir leur chance ! Séduits par les réflexions d’un serpent du jardin, ils cédèrent à la tentation de goûter à ce fruit. La colère de Dieu ne se fit pas attendre.

Nos ancêtres originels furent chassés du Jardin d’Eden par des chérubins armés d’épées flamboyantes. Mais cette expulsion ne suffit point à calmer la colère de Dieu ; Il les condamna à souffrir éternellement, eux et toute leur descendance.

Nous sommes très nombreux, pour ne pas dire innombrables, à connaître cette légende. Mais combien sommes-nous à en connaître la signification symbolique ? Combien sommes-nous à en tirer des leçons pour nous conduire dans la vie afin d’éviter de subir un sort identique à celui de nos premiers parents ? Très rares !

La légende d’Adam et d’Eve est loin d’être un fait historique. Tout d’abord, l’humanité a été appelée à l’existence en dehors de tout témoin, de sorte qu’aucun historien ne peut nous donner la moindre information sur ses origines. Ensuite il est invraisemblable que ces pensionnaires du Jardin d’Eden, des êtres doués de raison, puissent recevoir des réflexions de la part d’un serpent. Enfin Dieu, être si miséricordieux et si parfait, ne peut pas se permettre de punir l’humanité pendant des millénaires pour une simple faute disciplinaire, qui Lui a d’ailleurs valu de sacrifier Jésus, son fils unique.

Je pourrais développer à souhait des considérations qui montrent que l’histoire d’Adam et d’Eve est loin d’être une réalité vécue par ce couple. Il ne s’agit ni plus ni moins que d’une légende ou, pour mieux dire, d’une fable destinée à nous instruire.

Le serpent symbolise la tentation. Cet animal, qui est d’une beauté fascinante, suscite la curiosité. Nous sommes nombreux à être curieux de savoir comment un être sans membres arrive à se déplacer et à se retrouver sur la cime d’un arbre ou sur le toit d’une maison, inaccessibles à la tortue qui, elle, a des pattes.

A première vue, la tentation est donc grande d’approcher le serpent, en repos ou en mouvement, pour admirer les belles couleurs de sa peau et voir comment il arrive à se déplacer. Mais gare à celui qui cèdera à cette tentation : le charme de ce reptile est trompeur ! Il peut conduire les insouciants et les imprudents à la mort.

Pour leur part, Adam et Eve symbolisent la faiblesse naturelle de l’être humain. Le genre humain est si faible que le moindre écart de comportement, la moindre imprudence ou la moindre bêtise peut lui être fatale. Il ne peut donc se préserver des dangers qui l’environnent que s’il fait preuve de sagesse en permanence. Pour ne l’avoir pas compris, le couple adamique a non seulement perdu son bonheur, mais en plus il a plongé toute sa descendance dans une souffrance sans fin.

L’envie, la jalousie, la cupidité, l’ambition démesurée, l’indiscipline et autres vices sont autant de serpents qui nous côtoient en permanence et nous tentent tous les jours que Dieu fait. Pour avoir prêté des oreilles attentives à ces serpents, pour avoir écouté nos passions, nous sommes innombrables à nous être attiré des ennuis.

Des enfants qui ont eu la chance de naître dans des familles aisées avaient tout pour réussir. Hélas ! Ils se sont laissé entraîner par les plaisirs de la vie mondaine en dépit des conseils et réprimandes de leurs parents. Pour n’avoir pas su vivre dans le Jardin d’Eden, ils sont nombreux à tirer le diable par la queue, à finir en prison ou à trouver la mort de façon prématurée.

Il est de notoriété publique que de nos jours les femmes sont de plus en plus nombreuses à peiner pour avoir des maris. Celles qui ont eu le bonheur de goûter au plaisir de la vie conjugale devraient saisir leur chance des deux mains et faire en sorte de ne pas perdre leurs foyers. Hélas ! Elles sont nombreuses à ne pas savoir vivre dans le Jardin d’Eden ! L’infidélité, l’insoumission, la prodigalité et autres défauts les ont conduites au divorce. Tirant le diable par la queue dans des quartiers appelés « mon mari m’a laissé », elles en sont réduites à fréquenter des agences matrimoniales, des sectes et des sites de rencontres amoureuses sur Internet dans l’espoir d’avoir l’occasion de refaire leur vie.

Le chômage est aujourd’hui légion. Ceux qui ont la chance d’avoir des emplois devraient faire en sorte de ne pas les perdre et même d’avoir des promotions constantes. Hélas ! Ils sont très nombreux à ne pas savoir vivre dans le Jardin d’Eden ! L’abus de pouvoir ou d’autorité, l’insubordination, l’arrogance, la corruption les extorsions de fonds et les détournements de deniers sont autant de fruits défendus dont la dégustation ne cesse de conduire des agents publics comme privés à la révocation, à la radiation, au licenciement et en prison.

Des gens à qui la fortune avait souri avaient tout pour vivre heureux, terminer leurs vieux jours décemment et assurer l’avenir de leurs enfants. Hélas ! Ils sont nombreux à n’avoir pas su vivre dans le Jardin d’Eden ! La folie des grandeurs, les ambitions politiques et l’entretien de maîtresses ruineuses sont autant de fruits défendus dont la consommation conduit beaucoup d’entre eux à leur perte. Au lieu de se remettre en cause, de tirer des leçons de leur mauvaise conduite et de chercher à s’amender, ils accusent des sorciers d’être responsables de leurs déboires.

Des gens à qui Dieu a accordé la faveur de diriger des peuples avaient tout pour avoir des règnes glorieux et se faire des places honorables dans l’Histoire. Hélas ! Ils sont nombreux à n’avoir pas su vivre dans le Jardin d’Eden ! La bouffonnerie, la soif de vengeance, le désir d’amasser des richesses et le goût de la dictature sont quelques-uns des fruits défendus dont la dégustation les a conduits à leur chute, à l’humiliation, à l’exil ou la mort. Au lieu de se remettre de se remettre en cause, de tirer des leçons de leurs dérives et de se résoudre à changer, ils accusent des adversaires politiques et des Occidentaux d’être responsables de leurs ennuis.

Je pourrais multiplier à loisir des exemples qui montrent que dans tous les domaines de la vie le bonheur ne s’éternise qu’avec ceux qui savent vivre dans le Jardin d’Eden. Et savoir vivre dans ce jardin c’est s’abstenir de goûter aux fruits défendus, qui ne sont autres que les dix Commandements de Dieu. En d’autres termes, savoir vivre dans le Jardin d’Eden c’est savoir préserver ses acquis par une attitude empreinte de sagesse et de modération.

Chaque fois que Dieu nous fait la grâce de nous accorder une faveur, souvenons-nous qu’il nous a mis dans le Jardin d’Eden et que si nous voulons y rester aussi longtemps que nous le désirons, nous devons nous soumettre aux règles de vie en vigueur dans ce jardin. Mais si la réussite ou la gloire nous fait perdre la tête, le serpent n’hésitera pas à abuser de nous et à troubler notre bonheur. A bon entendeur, salut !

                                                                            Fodjo Kadjo ABO

                                                                               Magistrat-écrivain   

Commenter cet article
A
<br /> Cette plage que tu accordes aux fans de la littérature de la planète est très riche et beaucoup instructive pour ceux qui s'y intéressent.Bravo à l'écrivain,que les ancêtres te donnent plus<br /> d'inspiration. Tchaoo<br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> Merci de tes compliments, mon cher ABO. J'en suis très touché<br /> <br /> <br /> <br />