Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
 Fodjo Kadjo ABO

Ne faut-il pas autoriser le mariage des prêtres ?

21 Mars 2010, 18:31pm

Publié par Fodjo Kadjo ABO

Depuis quelques années, des scandales sexuels éclaboussant l’Église catholique se succèdent, avec une nette accélération ces derniers temps. Des membres du clergé sont accusés de pédophilie et autres abus sexuels commis dans plusieurs pays. Du coup le problème du mariage des prêtres revient sur le tapis.

Il est bien vrai que la pédophilie n’est pas l’apanage des prêtres égarés. Elle a des adeptes parmi les personnes à qui il n’est pas interdit de se marier, et même parmi des polygames endurcis. On ne peut donc pas dire qu’elle est forcément liée au célibat.

Mais il est indéniable que celui-ci est l’un de ses facteurs. Celui qui est dans le besoin n’est-il pas plus soumis à la tentation que celui qui se suffit ? Parmi les prêtres impliqués dans des scandales sexuels, il y en a certainement qui ne se seraient pas laissés tenter par le démon s’ils étaient mariés ou s’ils n’étaient pas astreints à l’abstinence sexuelle.

Les rapports sexuels répondent à un besoin physiologique que très peu de personnes normales peuvent s’empêcher de satisfaire. Les prêtres sont avant tout des mortels ; ce qui les distingue des hommes ordinaires en dehors du privilège qu’ils ont d’être des serviteurs de Dieu, c’est le vœu de chasteté qu’ils font en entrant dans les ordres.

Par ce vœu, ils s’engagent non seulement à rester célibataires, mais aussi à se priver volontairement de toute pratique sexuelle. Tout le problème est de savoir si un tel serment suffit à lui seul à les mettre à l’abri du besoin en matière de rapports sexuels. Un prêtre perd-il sa libido du seul fait qu’il a fait un vœu de chasteté ? Devient-il insensible ou indifférent au charme des femmes parce qu’il a fait un vœu de chasteté ? Rien n’est moins sûr.

Le vœu de chasteté ne fait pas perdre aux prêtres ce qui caractérise les hommes. Il ne leur fait perdre ni leur virilité, ni l’envie d’avoir des rapports sexuels. Comme à tous les hommes normaux, il arrive à ces braves serviteurs de Dieu de succomber au charme des femmes et d’avoir envie de satisfaire leur appétit sexuel. Et ils ne peuvent compter que sur leur seule volonté pour résister à la tentation de succomber à ce besoin.

Très nombreux sont ces braves serviteurs de Dieu qui font l’effort de respecter leur engagement. Ils ont la volonté d’honorer le vœu de chasteté qu’ils ont fait. Hélas ! La chair est faible !

L’envie d’avoir des rapports sexuels non ou mal maitrisée amène bien des hommes non astreints à l’abstinence sexuelle à commettre des viols et autres abus sexuels. Cela montre à quel point la libido, énergie relative à la pulsion sexuelle, est forte.

Du moment que les prêtres ne sont ni castrés ni impuissants, il faut manquer de réalisme pour s’imaginer que le vœu de chasteté est inviolable. Certes, ils sont des hommes de Dieu ; mais ils sont après tout des hommes : ils ne sont pas assez exclusifs pour pouvoir, toute leur vie, résister à l’envie d’avoir des rapports sexuels. Ils sont nombreux à se laisser tenter par le démon.

En vérité, la violation du vœu de chasteté ne date pas d’hier. Depuis toujours, des prêtres succombent à la faiblesse de la chair : ils cèdent à la tentation, pour ne pas dire à la nécessité de satisfaire leur appétit sexuel ; mais leurs frasques ont été pendant très longtemps couvertes ou étouffées par la hiérarchie ecclésiastique. Aujourd’hui, la situation a changé.

De plus en plus, l’Église est éclaboussée par des scandales sexuels. Les cas de pédophilie, dont la presse ne cesse de se faire l’écho, sont loin d’être les seuls abus sexuels dont des prêtres se rendent coupables. Bon nombre de ces braves serviteurs de Dieu sont souvent accusés de complicité d’adultère et d’abus sexuels sur leurs servantes, des enfants de chœur ou des choristes, pour ne citer que cela.

Les colloques et autres rencontres que l’Église catholique ne cesse de multiplier depuis des décennies pour remédier à cette situation n’ont encore rien donné parce que le problème de fond reste posé : Ne faut-il pas autoriser les prêtres à se marier ?

Le mariage des prêtres apparaît comme une solution incontournable pour freiner un tant soit peu les scandales sexuels qui commencent à discréditer l’Église. Les raisons qui avaient conduit à l’instauration du vœu de chasteté sont certes respectables, mais dans l’état actuel des choses, elles semblent être aujourd’hui dépassées et ne se justifient plus.

Comme indiqué plus haut, les rapports sexuels sont une nécessité biologique à laquelle aucun homme ne peut volontairement se soustraire toute sa vie durant, à moins d'être impuissant ou castré. À quoi sert-il alors d'interdire ce que l'on n'a pas les moyens d'empêcher ?

Outre les considérations qui précèdent, d’autres arguments militent en faveur du mariage des prêtres de l’Église catholique.

Il n’est pas normal qu’il soit interdit aux prêtres de faire des enfants alors qu’ils sont eux-mêmes issus de la progéniture des autres ? Est-il honnête que l’Église refuse que ses dirigeants contribuent à la régénération de l'espèce humaine au sein de laquelle elle recrute ses fidèles ? Est-il raisonnable qu’elle refuse de contribuer à la régénération de ceux qui lui procurent ses ressources financières et lui assurent son prestige ? Qui doit mettre des enfants au monde pour servir de fidèles chrétiens ? Qui doit faire des enfants pour les mettre au service de ses prêtres ?

Avant d'être nommé responsable de culte, tout homme devrait faire l'expérience de la vie conjugale. On ne peut confier l'éducation morale des masses à des gens qui n'ont jamais éduqué ni même élevé un enfant. De plus en plus, les jeunes couples confient le règlement de leurs problèmes conjugaux aux autorités religieuses. Quels conseils utiles celles-ci peuvent leur donner si elles-mêmes ne savent rien du mariage ? À quel résultat peut-on vraiment s'attendre en demandant à un maçon ou à un mécanicien de faire une intervention chirurgicale ?

Le mariage devrait même être une condition de recrutement ou de nomination des responsables des cultes. L'abstinence sexuelle à laquelle certains d’entre eux sont soumis demeure théorique. Combien sont-ils à pouvoir jurer, la main sur le cœur, de n'avoir jamais trahi leur vœu de chasteté ? Et innombrables sont les enfants qui naissent de leurs aventures amoureuses à travers le monde.

Ces enfants, du fait qu’ils sont les descendants des serviteurs de Dieu, devraient être plus heureux que tous les autres enfants. Hélas ! Force est de constater qu’ils sont les plus malheureux !

Comme tout enfant, ces descendants de prêtres aimeraient avoir la fierté de parler de leurs papas à leurs camarades. Comme ceux-ci, ils aimeraient être de temps en temps dans les bras ou auprès de leurs pères et recevoir des cadeaux de leur part à l’occasion de leurs anniversaires ou des fêtes de fin d’année. Hélas ! Ils ne les connaissent pas ! Et ceux d’entre eux qui ont la chance de connaître les leurs n’osent pas s’afficher comme leurs progénitures.

De nombreux prêtres doivent eux-mêmes souffrir de cette situation. Ils savent qu’ils ont des enfants, mais ils ne peuvent pas les reconnaître. Et il est fort à parier que le jour où il leur sera permis de se marier et de déclarer leurs enfants, nous serons très nombreux à assister une explosion de joie dans les ordres et à des scènes émouvantes !

L’Église catholique devrait tenir compte de toutes ces considérations, qui sont loin d’être exhaustives, pour autoriser les prêtres à fonder des foyers. Il y a lieu de libérer ces braves serviteurs de Dieu, qui sont avant tout des hommes. Ils ne peuvent passer leur vie à célébrer les mariages de leurs prochains devant Dieu, à encadrer des fidèles en grande partie recrutés parmi les femmes et à regarder des jeunes filles en tenue sexy danser à la gloire de Dieu en se déhanchant sans être tentés de goûter au fruit défendu. La chair est faible !

Les pasteurs et les imams qui sont aussi de dignes serviteurs de Dieu se marient. Ils ont des femmes et des enfants qu’ils entretiennent. Et aucune étude n’a encore montré que dans l’accomplissement de leur mission divine, ils donnent moins satisfaction à Dieu que les prêtres de l’Église catholique. Qu’est ce qui nous fait penser que ces derniers seraient incapables d’accomplir leur mission si on les autorisait à se marier ?

Il y a lieu de les libérer en prenant des précautions propres à les contraindre à la sagesse. Entre autres conditions, l’on pourrait par exemple exiger que leurs épouses soient des religieuses ; mais il faut leur donner la possibilité de se marier. Il y va du crédit de l’Église et de l’intérêt de la société.

Fodjo Kadjo ABO.

Commenter cet article
N
<br /> Tu sais vraiment sache que tu es un ange et je kiff sur toi alors continue comme sa Nadia<br /> <br /> <br />
Répondre
F
<br /> <br /> Je suis très touché par tes compliments, ma chère Nadia. Je t'en remercie de tout coeur.<br /> <br /> <br /> <br />
S
<br /> Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le célibat des prêtres n'a rien d’évangélique. Jésus n’a-t-il pas guéri la belle-mère de Pierre gravement malade ? Durant les premiers siècles, les prêtres<br /> pouvaient se marier. En compulsant l’histoire de l’Église Catholique, on découvre que sept papes ont été mariés. Onze étaient des fils de papes et d’évêques. Toute chose qui montre finalement que<br /> le célibat des prêtres n’est qu’un simple fait de droit féodal. En effet, c’est en 1074 que le pape Grégoire VII, lui-même fils d’Évêque, a introduit une règle qui ne permettait plus d’ordonner des<br /> prêtres mariés. En cela, deux raisons principales. Grégoire VII ne concevait pas qu'on puisse dire la messe le lendemain d'une nuit où on avait eu des rapports sexuels. Même s’il est vrai que les<br /> prêtres devaient s'abstenir de toutes relations sexuelles pendant leur « tour de service » qui durait un mois par an. Ce souci d'abstinence était lié non pas à une notion de péché dans « l'acte de<br /> chair », mais plutôt à un désir de pureté rituelle… La deuxième raison, c'est que le fils du prêtre héritait de la charge et des biens de son père. Or, l’Église voulait garder ses biens. Sans<br /> mariage ni progéniture légitime, le problème de succession se résolvait. Le principe du célibat se trouvait donc dans des préoccupations bassement matérielles auxquelles on a plaqué des<br /> considérations spirituelles pour donner une justification a posteriori.<br /> <br /> Quant à la chasteté, elle n’a jamais été officiellement inscrite dans les obligations du prêtre. Ce principe n'était de règle que dans les ordres monastiques cloîtrés. Ainsi les prêtres<br /> conservaient-ils leur droit d'avoir des concubines, mais n'avaient désormais plus le droit de les faire reconnaître comme épouse dans les registres paroissiaux. Ils pouvaient donc tranquillement<br /> avoir des rapports intimes, sachant que le produit éventuel de ces amours parallèles ne serait pas reconnu. Et ne pourrait plus en aucune façon hériter de la charge paternelle...<br /> Bien plus tard, et pour freiner le nombre croissant d’enfants « illégitimes » que les bons pères parsemaient ici et là, les décrets tridentins (de Trente) érigèrent le sexe hors mariage au rang de<br /> péché mortel, au même titre que le meurtre. En effet, le droit canon divise les péchés des hommes en deux catégories : les véniels et les mortels. Les véniels sont ceux qui ne « tuent pas la Grâce<br /> Rédemptrice » et les mortels ceux qui « tuent » ladite Grâce. Le célibat et la prétendue chasteté des prêtres se trouvèrent ainsi fortement ancrés dans l’Église Catholique.<br /> Cela ne serait pas si grave si une telle décision n'avait pour conséquence de rendre infernale la vie de prêtres très pieux, mais un peu faibles sur le plan de la « chair ». Démission, sexualité<br /> refoulée, secrets honteux, enfant dissimulé, homosexualité et pédophilie. Voici le prix imposé par le Vatican à ses serviteurs. Il n’y a pas longtemps, en République centrafricaine, les évêques<br /> Paulin Pomodimo et François-Xavier Yombandjé ont dû déposer leur charge. Raison officieuse : le non-respect du célibat. En Zambie, l’abbé Luciano Anzanga Mbewe a été excommunié pour avoir établi<br /> une Église catholique où les prêtres peuvent se marier. Emmanuel Milingo, ex-archevêque de Lusaka, avait été excommunié par Rome en 2006 pour avoir ordonné quatre prêtres ayant épouse. A Rome, le<br /> cardinal Christoph Schönborn a présenté un appel de laïcs autrichiens contre l’obligation du célibat sacerdotal. La liste est non exhaustive.<br /> <br /> Tout cela apparaît comme un fort désarroi au plus haut niveau de l’Église Catholique. Laquelle, face à cette volonté réelle et manifeste des prêtres de ne plus être obligés d’observer le célibat ne<br /> brandi pour l’instant que le fouet de la discipline. Or le célibat des prêtres pose un problème grave, non pas tant pour les prêtres eux-mêmes, mais pour toutes ces femmes qui vivent dans l'ombre<br /> un amour culpabilisant.<br /> <br /> Si le célibat des prêtres a été introduit à un certain moment dans l’Église, pourquoi veut-on nous faire accepter qu’il soit impossible de le briser ? Où commence et où s’arrête donc la volonté de<br /> Dieu ? Quand donc les papes accepteront-ils de dissocier ce qui est de Dieu et ce qui est des hommes ? Pourquoi l'Église Catholique exige-t-elle des prêtres une continence absolue qui s’avère<br /> destructrice ? Le prêtre n'est-il pas un homme avant tout, avec des envies et des désirs d'homme ? Pourquoi ne devrait-il pas avoir droit lui aussi à l’amour ? Pourquoi serait-il privé de<br /> tendresse, d'enfants ? Car si les hommes sont dupes, Dieu ne l’est pas. Car comme on le sait (C’est un secret de polichinelle), le célibat et la chasteté des prêtres sont une énorme hypocrisie,<br /> pire, une scandaleuse escroquerie morale et spirituelle... Parce qu’au nom de quel Dieu les enfants qui naissent de ces unions cachées et non acceptées devraient-ils vivre toute leur vie ce<br /> supplice de Tantale ? Pourquoi devraient-ils porter toute leur vie le sceau pesant du secret, le sceau humiliant du silence, et aussi le lourd héritage des souffrances de leur mère ? Alors,<br /> prêtres, si vous avez des enfants, par pitié assumez votre paternité !<br /> <br /> Serge Grah<br /> <br /> (Article publié dans la presse locale sous le titre de : Prêtres, si vous avez des enfants, par pitié assumez votre paternité !)<br /> <br /> <br />
Répondre
F
<br /> <br /> Je vous remercie de vos aimables commentaires sur mon article concernant le célibat imposé aux prêtres.<br /> <br /> <br /> <br />
K
<br /> Je suis entierement d'accord. Le célibat des prêtres est ridicule. Ce dictat est maintes fois contourné. Nombre de prêtre ont des maitresses, et les enfants de curés ne se comptent plus. Pour les<br /> autres qui n ont pas franchi ce pas, il leur est sans doute plus aisé de s en predre à des proies plus faciles et plus épisodiques aussi............ d ou ces dérivent ignoblent couvertes par la<br /> hierarchie du clergé. Le célibat d'un homme est conte nature. Je ne vois pas l'interêt de martyriser un homme pour qu il puisse officier dans l'amour de dieu!! Aucun bénéfice à ce qu un officiant<br /> du clergé soit un homme frustré. Au contraire on le voit bien aujourth ui. La pédophillie largement répandue ; et ces prêtres que les eveques se passent comme "un baton merdeu " d'une paroisse à l<br /> autre . C'est scandaleux!!!!<br /> <br /> <br />
Répondre