Jusqu’à quand allons-nous continuer à subir les internautes indélicats ?
Sans conteste, Internet est l’une des inventions les plus révolutionnaires et les plus salutaires de notre temps.
En plus d’être un précieux moyen d’information et de communication de plus en plus accessibles à tous, il est un outil idéal pour les chercheurs et tous ceux qui désirent parfaire leurs connaissance dans n’importe quel domaine. Des millions de personnes lui doivent le bonheur d’avoir rencontré des âmes sœurs ou d’avoir noué des relations profitables.
Bien plus, Internet est utilisé pour promouvoir des activités utiles à la société dans presque tous les domaines de la vie, notamment politiques, économiques, culturels et religieux, pour ne m’en tenir qu’à cela.
Il y a de quoi écrire en plusieurs tomes un livre sur les bienfaits d’Internet, de plus en plus indispensables dans une société en pleine mutation. Hélas ! Internet n’a pas que des avantages ! Il a également des inconvénients aussi nombreux que préoccupants. Trop d’individus sont portés à en faire un usage malveillant, pour ne pas dire diabolique : ils ne veulent y voir que qu’un moyen d’assouvir des ambitions sordides, de semer la haine ou de promouvoir le mal.
Des régimes ont été emportés ou ébranlés par des soulèvements populaires partis de publications séditieuses faites par des activistes sur les réseaux sociaux d’Internet. Des pays ont été et continuent d’être confrontés à des troubles motivés par des causes identiques.
Bien des crimes et délits ont été et continuent d’être perpétrés ou organisés via Internet. À cet égard, le broutage constitue un exemple de notoriété publique. Des naïfs ne cessent de se faire ruiner par des arnaqueurs à travers le monde. De vastes détournements de deniers et escroqueries réalisés via Internet sont légion de nos jours.
L’on pourrait développer sur plusieurs pages les considérations qui montrent à quel point Internet est utilisé à des fins malveillantes. Il n’y a pratiquement pas d’entreprises funestes qui ne puissent pas être faites par son canal.
Au-delà des intentions diaboliques qui habitent des individus malveillants, Internet est de plus en plus utilisé de manière déplorable. Trop d’internautes se croient obligés de publier sur la toile tout ce qu’ils voient et tout ce qui leur passe par la tête, parfois au mépris de leur propre dignité.
D’infâmes pirates prennent un malin plaisir à publier des films et images obscènes ou pornographiques sur leurs pages Facebook et celles des autres.
Des femmes contrariées par la contre-performance de leurs partenaires au lit croient faire merveille en partageant leur déception avec leurs amis des réseaux sociaux. Des hommes battus par leurs compagnes ne trouvent ni ridicule ni infamant d’informer les internautes de leurs mésaventures, allant parfois jusqu’à publier sur la toile les images des sévices subis. Des malades dans un piteux état trouvent un malin plaisir à publier les images de leur hospitalisation ou de leurs blessures sur les réseaux sociaux d’Internet.
Les exemples pourraient être multipliés à loisir pour montrer à quel point des gens peuvent s’exposer sur Internet sans craindre de s’attirer des moqueries et d’être ainsi à la risée des autres internautes.
Bien entendu, si des internautes peuvent se permettre de publier sur eux-mêmes des informations et images qui les déshonorent, il ne faut pas s’attendre à ce qu’ils s’interdisent de faire sur les autres des publications scandaleuses.
Par la force des choses, Internet est devenu un moyen de règlements de comptes. C’est pratiquement tous les jours, pour ne pas dire à tous les instants, que l’on voit circuler sur des réseaux sociaux d’Internet des photos ou vidéos impudiques mises en ligne par des victimes de déceptions amoureuses qui entendent ainsi se venger de leurs ex-partenaires.
Des acteurs politiques sont prompts à publier sur ces réseaux des informations scandaleuses visant à discréditer ou affaiblir leurs adversaires. Des travailleurs et agents publics qui en veulent à leurs chefs ou qui lorgnent les fauteuils de leurs prochains n’hésitent guère à publier sur eux des images compromettantes dans le but de provoquer leur limogeage ou démission.
Quand un pays est endeuillé par un attentat ou tout autre drame, toute personne douée de raison et de sensibilité se doit de faire preuve de compassion et de solidarité à l’égard du peuple éprouvé. Hélas ! L’expérience a montré que face à de tels évènements, des acteurs et obsédés politiques s’affichant comme de fervents patriotes ne trouvent ni ridicule, ni stupide de ramer à contre-courant ; plus soucieux de l’exploitation politique qu’ils peuvent faire de la situation, ils publient sur des réseaux sociaux d’Internet des réflexions que mêmes les ennemis de leur pays se gêneraient de faire en privée.
La réaction la plus élémentaire que l’on puisse attendre d’une personne qui assiste à un sinistre ou à une agression, c’est de prendre les dispositions pour secourir les victimes et, au besoin, permettre de circonscrire le drame. Hélas ! L’expérience a montré que de plus en plus, le premier réflexe des témoins d’attaques, d’incendies, d’écroulements d’immeubles et autres catastrophes, c’est de photographier ou filmer la scène à l’aide de leurs téléphones portables ou de leurs tablettes. Ainsi, pendant que des victimes d’accident de la circulation mal en point ont intérêt à ce que les sapeurs-pompiers soient appelés de toute urgence, pendant qu’une pauvre femme en train d’être sauvagement battue par son compagnon crie désespérément au secours, pendant qu’il est encore possible de sauver la victime d’une agression sexuelle ou d’un braquage sanglant, ces témoins n’ont qu’un souci : être les premiers à publier les images de la scène sur des réseaux sociaux d’Internet.
C’est pratiquement tous les jours que l’on voit circuler sur Internet des images insoutenables publiées de façon irréfléchie. Les internautes qui les mettent en ligne ne se préoccupent guère des conséquences qu’elles peuvent entraîner pour les âmes sensibles et les proches des victimes qui apprennent ainsi des nouvelles aussi tragiques que brutales.
Il est temps que les internautes fassent un examen de conscience et se résolvent à changer de mentalité. Internet a été inventé pour permettre à l’Homme mieux s’épanouir et d’être plus heureux. Utilisons-le à bon escient et surtout, faisons en sorte qu’il cesse d’être à la base des malheurs de nos prochains et de la société.
Fodjo Kadjo ABO
Écrivain
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