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 Fodjo Kadjo ABO

Le vrai bonheur ne s'apprécie que quand on l'a perdu

10 Janvier 2014, 16:17pm

Publié par Fodjo Kadjo ABO

Photos-Abo-4-031.jpg« Le vrai bonheur ne s’apprécie que quand on l’a perdu ».  Nous sommes nombreux, très nombreux à nous souvenir de cette pensée du Président Félix Houphouët Boigny. A certaines occasions, il nous arrive de la citer et même d’en faire un sujet de conversations et commentaires passionnés.  Mais combien sommes-nous à en tirer des enseignements ?

 

Tous les jours que Dieu fait, des circonstances diverses mettent beaucoup d’entre nous dans des situations qui devraient nous rappeler cette réflexion et nous amener à faire preuve de sagesse. Hélas ! L’inconscience, la méchanceté, l’égoïsme et bien d’autres vices nous poussent à agir comme si nous avions perdu la raison.

 

Nombreuses sont les femmes mariées ou vivant en concubinage qui s’illustrent par des comportements incompatibles avec les exigences de la vie en couple. Elles savent pertinemment qu’elles risquent de casser leurs foyers et de perdre du coup le bonheur de la vie conjugale, mais elles continuent d’en faire à leur tête. A ceux qui ont la gentillesse de leur prodiguer des conseils, elles n’hésitent pas à donner des réponses du genre : « Il n’est pas le seul homme ! Je ne vivrai pas de sable s’il se sépare de moi ! Etc. » Elles jouent avec le feu jusqu’à ce que le divorce survienne. Et Dieu seul sait combien de femmes divorcées à cause de leur entêtement ont fini par se mordre les doigts : elles se sont retrouvées dans des habitations précaires appelées « sicobois » ou « mon mari m’a laissée ».

 

Des travailleurs qui gagnent bien leur vie ne craignent guère d’entrer en conflit avec leurs employeurs, parfois pour des futilités qui feraient sourire des gamins. Avec une insouciance inqualifiable, ils osent se mesurer avec ceux qui les font vivre, eux et leurs familles. A leurs parents, amis et collègues qui tentent de les ramener à la raison, ils ne trouvent pas maladroit de répondre : « Je connais mes droits ! ». Ils persistent dans leur attitude de défiance jusqu’à ce qu’ils perdent leurs emplois. C’est en faisant la douloureuse expérience du chômage qu’ils reviennent sur terre ; ils réalisent alors qu’ils ont perdu des situations qu’ils auraient pu préserver s’ils n’avaient pas tourné le dos à la sagesse. Hélas ! Il est trop tard !

 

Je pourrais multiplier à l’envie les exemples qui illustrent cette belle pensée du président Félix Houphouët Boigny : « Le vrai bonheur ne s’apprécie que quand on l’a perdu ». Et s’il y a un domaine où elle pourrait nous être d’une grande utilité, s’il y a un domaine où nous nous faisons le plus de tort en ne nous en inspirant pas, c’est bien celui de la politique.

 

Depuis près d’un quart de siècle, des drames d’origine politique se succèdent à travers le monde. Des pays paisibles et prospères ont basculé dans la violence et la misère. Des populations qui vivaient dans la concorde et l’harmonie ont fait l’expérience de la discorde et de guerres fratricides.

 

Les crises et les conflits armés qui en résultent ne surviennent jamais à l’improviste. Ils sont toujours précédés de signes avant-coureurs que les acteurs politiques et leurs suiveurs voient et commentent avec passion. Mais, loin de donner préséance au bon sens et à la raison, ils attisent le feu de part et d’autre. Comme si c’était un jeu d’enfant !

 

On entend souvent des pères de famille clamer avec une insouciance infantile : « Nous allons rendre ce pays ingouvernable ! Si c’est la guerre qu’ils veulent, nous allons la faire ! Ils vont régner sur des cimetières ! Ect ». C’est quand le chaos survient qu’ils se souviennent de la pensée du président Félix Houphouët Boigny : « Le vrai bonheur ne s’apprécie que quand on l’a perdu ».

 

La Côte d’Ivoire est connue pour son attachement légendaire à la paix. Depuis son accession à la souveraineté, en 1960, ses fils et ses filles vivaient dans la concorde, l’harmonie et la paix jusqu’à ce qu’une crise sociopolitique vienne troubler leur bonheur.

 

A l’occasion de cette crise, les Ivoiriens ont connu l’horreur sous toutes ses formes. Ils sont nombreux à s’être retrouvés prématurément dans des tombes et des charniers. Ils sont également nombreux à s’être retrouvés en exil ou avoir élu domicile dans des forêts. Non moins important est le nombre de ceux d’entre eux qui ont perdu leurs emplois, des soutiens vitaux, des biens ou toute raison de vivre. En un mot, les Ivoiriens ont souffert et continuent de pâtir de la crise que leur pays vient de traverser. Ils sont d’autant plus inconsolables qu’ils étaient habitués à la paix, leur première religion.

 

La crise ivoirienne a laissé aux Ivoiriens un souvenir si amer que d’aucuns auraient parié sans la moindre hésitation si on leur avait prédit, au sortir des violences postélectorales, que des politiciens ivoiriens et leurs suiveurs se permettraient de tenir à nouveau des discours guerriers. Hélas ! Mille fois hélas ! C’est mal connaitre les gens atteints du « virus du pouvoir »! Les éventuels parieurs auraient perdu.

 

Alors que de nombreux Ivoiriens portent encore le deuil, alors que de nombreux Ivoiriens ne se sont pas encore remis de leurs douleurs, les proclamations, discours et slogans guerriers ont refait surface. Le comportement, pour le moins irresponsable, de ces bellicistes ne peut qu’être réprouvé et condamné aussi bien par tous les Ivoiriens dignes de ce nom que par tous les observateurs de bonne foi ou aimant la Côte d’Ivoire.

 

Ce pays a trop souffert de sa décennie de crise pour qu’on l’expose à la légère à une nouvelle aventure dont les conséquences pourraient être incalculables. Les Ivoiriens ont trop souffert de cette tragédie pour qu’ils permettent à des assoiffés de pouvoir de jouer à nouveau avec leurs destins.

 

« Le vrai bonheur ne s’apprécie que quand on l’a perdu ». Cette pensée du président Félix Houphouët Boigny nous interpelle, nous les Ivoiriens qui aimons notre pays d’un amour sincère et désintéressé. Soyons vigilants et ne permettons à personne de jouer avec nos destins, aussi mielleuses que puissent paraître leurs promesses. Il nous est arrivé de pécher par naïveté ; nous savons ce que cela nous a coûté. Il nous appartient d’agir ou de réagir désormais en citoyens avertis et responsables.

 

Le cauchemar que nous venons de vivre à travers cette crise n’est qu’un bref aperçu de l’apocalypse que nous avons frôlé et évité de justesse. Il doit nous inciter à faire preuve de sagesse et de modération aussi bien dans nos propos que dans nos actes. Il doit nous inciter à éviter tout ce qui peut nous diviser et à cultiver tout ce qui peut nous unir et contribuer à notre bonheur commun.

 

C’est ce bonheur commun que le président Félix Houphouët Boigny appelle « le vrai bonheur ». C’est par lui que le bonheur individuel vaut. Pendant les violences postélectorales les pauvres et les riches étaient malheureux au même titre : ceux qui avaient le bonheur d’être riches ne pouvaient pas sortir pour jouir de leurs avoirs ; ceux qui avaient le bonheur de posséder des voitures de luxe ne pouvaient pas les utiliser ; ceux qui avaient le bonheur d’être propriétaires de maisons de grand standing étaient prisonniers et affamés au même titre que ceux qui vivaient dans des cabanes.

 

Ces exemples, pris parmi une infinité d’autres, doivent nous donner à réfléchir de façon attentive. On sait toujours quand et comment le désordre commence, mais on ne sait jamais quand et comment il se termine. En nous référant à la crise dont nous venons de sortir, nous savons ce qu’une nouvelle aventure peut nous faire perdre, mais nous ne savons pas ce que nous obtiendrons en retour. A bon entendeur, salut !

 

                                             Fodjo Kadjo ABO

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G
ON NE PERD JAMAIS LE BONHEUR CONFORME À LA VOLONTÉ DE DIEU MAIS UN BONHEUR QUI DEPAND DES HUMEURS D UN HOMME DISPARAÎT AVEC SON MAÎTRE.
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