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 Fodjo Kadjo ABO

FODJO KADJO ABO A CŒUR OUVERT AVEC KOACI

19 Février 2020, 15:13pm

Publié par Fodjo Kadjo ABO

Le samedi 15 février 2020, j’ai accordé à Koaci un entretien que j’ai l’honneur et le plaisir de partager en intégralité avec vous sur mon modeste blog.

 

Depuis quand vous vous êtes mis à écrire des ouvrages ?

 

Je suis dans ma vingtième année de carrière littéraire. J’ai commencé à écrire en 2000 et mon premier livre est paru en janvier 2002 aux Éditions L’Harmattan, en France, sous le titre : « Pour un véritable réflexe patriotique en Afrique ».        

 

 

Quelles étaient vos motivations ?

 

Je n’avais pas de motivations particulières. Je n’ai fait qu’honorer une vocation. Quand j’étais au collège, je rêvais d’être magistrat. Mon amour pour ce métier était si fort que chaque fois que je le pouvais, j’allais assister aux audiences du tribunal de Bondoukou.

 

Mais lorsque j’ai découvert la philosophie en classe de Terminale, mon cœur a penché plus pour la littérature. Je voulais être écrivain. Je me suis donc trouvé confronté à un conflit d’ambitions à telle enseigne que quand j’ai été orienté à la Faculté de droit de l’Université d’Abidjan après l’obtention du BAC, en 1978, j’avais entrepris, sans succès, des démarches pour obtenir un transfert au Département de philosophie.

 

La mort dans l’âme, je me suis résolu à faire des études de droit qui m’ont fort heureusement conduit à la Magistrature, mon premier rêve. Mais comme le dit un adage, « chassez le naturel, il revient au galop ».

 

Tout en exerçant mon métier de magistrat, je continuais à lorgner la littérature. Vers la fin de l’année 2000, j’ai connu dans mon parcours professionnel un passage à vide que j’ai mis à profit pour écrire mon premier livre dont je viens de parler.

 

Depuis la parution de cet ouvrage, je n’arrive plus à me séparer de ma plume, devenue, pour ainsi dire, mon plus fidèle compagnon. Voilà comment je suis entré dans l’univers littéraire.

 

À ce jour, combien de livres avez-vous sur le marché et quels sont les messages transmis ?

 

Mon onzième livre, intitulé « Aventure suicidaire », est paru en février 2019 aux Éditions L’Harmattan, en France. Le prochain, le douzième, est presqu’achevé et sera bientôt soumis à des éditeurs.

 

Mes livres traitent de sujets variés, en rapport avec l’actualité socioculturelle en Afrique en particulier et dans le monde en général. Ils sont écrits de manière à provoquer une prise de conscience du lecteur sur les maux qui minent notre société et la nécessité d’y remédier de manière convenable et durable.

 

Mon dernier livre, par exemple, traite de l’immigration clandestine, un véritable fléau qui ne semble pas préoccuper la communauté internationale mais qui, en réalité et en douce, endeuille plus des familles et des pays que les conflits armés et les épidémies.

                                                     

Vos livres sont-ils destinés à des personnes en particulier ?

 

Dans mes livres, je ne m’attaque personne. Les sujets qui y sont traités le sont de façon impersonnelle. Je suis magistrat. En écrivant mes ouvrages, je ne perds pas de vue cette qualité. Je mets un point d’honneur à respecter les exigences qu’elle m’impose.

 

Cela dit, il n’est pas exclu que des gens se retrouvent dans les comportements dénoncés. Vous savez, un livre est parfois comme un miroir. Il peut présenter des personnages ou encore dépeindre des situations ou comportements dans lesquels des lecteurs se reconnaissent.

 

Bien entendu, la réaction du lecteur dépend du côté où il se situe. Si l’ouvrage répond à ses attentes, il aura de la sympathie et même de l’admiration pour son auteur. En revanche, s’il est du mauvais côté, s’il se sent visé ou interpellé par les situations ou comportements dénoncés, il peut être contrarié et tenté d’en vouloir à l’auteur.

 

L’écriture aussi a ses aléas. Un même livre peut donner satisfaction à un lecteur aujourd’hui et lui déplaire demain si les circonstances changent et le placent dans un autre contexte.

 

Mes ouvrages ne s’adressent pas non plus à des lecteurs ciblés. Ils ont vocation à intéresser tous qui rêvent d’une société où le vivre ensemble a un sens, d’un monde où règnent la fraternité, l’égalité, la liberté et la justice.

 

Un message à la population et aux politiques face à la situation actuelle du pays ?

 

En Côte d’Ivoire, à l’instar d’autres États africains, nous sommes dans une année électorale. Et l’expérience a montré que dans les pays sous-développés, plus particulièrement ceux d’Afrique, une année électorale est presque toujours perçue comme une année à hauts risques.

 

Il est donc normal que l’inquiétude gagne les esprits au fur et à mesure que les échéances électorales approchent. Il faut tout de même espérer qu’il y ait plus de peur que de mal.

 

Les sages disent que les nuages précèdent toujours la pluie mais que ce ne sont pas toutes les fois que le ciel est couvert de nuages qu’il pleut. Faisons de cette pensée un motif d’espoir.

 

Des communautés religieuses prient d’ailleurs dans ce sens. Mais il ne suffit pas de prier et de jeûner pour que la volonté de Dieu soit faite. « Aide-toi et le ciel t’aidera », dit un adage. Il importe que chacun de nous mette un peu d’eau dans son vin et désarme son cœur et son esprit si nous tenons à éviter ce que nous redoutons.

 

Mon message est donc celui qui est dans les cœurs de tous les Ivoiriens et de tous ceux qui aiment la Côte d’Ivoire d’un amour sincère. Tous, nous aspirons à la paix. Mais comme le président Félix Boigny avait coutume de le dire, « la paix n’est pas un vain mot mais un comportement ».

 

Entretien réalisé par T K Emile,

correspondant permanent de KOACI à Bouaké.

 

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