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 Fodjo Kadjo ABO

Contribution à la lutte contre l'immigration clandestine

7 Avril 2019, 10:03am

Publié par Fodjo Kadjo ABO

Contribution à la lutte contre l'immigration clandestine

S’il y a en Afrique un fléau qui, après les conflits armés, devrait le plus préoccuper la communauté internationale, c’est bien l’immigration clandestine.

 

On ne connaîtra jamais le nombre de migrants africains qui ont péri sur le chemin de l’Europe. Mais, de sources dignes de foi, ils peuvent être estimés à plusieurs dizaines de milliers depuis le début du XXIème siècle. En voulant se rendre sur ce continent où ils espéraient avoir une vie meilleure, ils ont terminé leur aventure dans le désert du Sahara et au fond des mers.

 

Curieusement, ce fléau ne semble préoccuper que quelques bonnes volontés ayant pour seul moyen de lutte leurs cris de cœur. Je peux me considérer comme faisant partie de ceux qu’il ne laisse pas indifférents.

 

Le 24 mai 2015, j’ai publié sur mon blog un article intitulé « Réflexions sur les drames de l’immigration clandestine ». Il fallait que je manque de réalisme pour attendre de cette modeste contribution l’impact escompté. Mais j’avais au moins la satisfaction de n’être pas resté les bras croisés face à un fléau aussi, et peut-être, plus funeste à mon continent que des pandémies qui, elles, suscitent plus d’intérêt.

 

La ruée des Africains vers l’Europe se poursuit à un rythme de plus en plus inquiétant et dans l’indifférence de la communauté internationale. Il a fallu qu’en novembre 2017, une chaîne de télévision américaine publie des images très révoltantes sur la vente de migrants noirs sur un marché aux esclaves en Libye pour que des réactions d’indignation, au demeurant éphémères, soient enregistrées à travers le monde.

 

Comme tout le monde, j’ai très mal vécu ces images, symptômes de la résurgence de la cruelle traite négrière. Mais je n’ai pas voulu me contenter de manifester mon indignation par des commentaires purement sonores. J’ai décidé de lancer un nouveau cri de cœur en publiant un ouvrage qui vient de paraître aux Éditions L’Harmattan sous le titre : AVENTURE SUICIDAIRE.

 

Dans l’attente de la cérémonie de dédicace de ce livre que je compte organiser en mai 2019 à l’occasion du prochain Salon International du Livre d’Abidjan (SILA), j’ai jugé utile de le présenter à travers le présent article, publié sur mon blog.

 

Cette présentation commence par un mot sur l’auteur, suivi de l’avis de l’éditeur et de deux extraits de l’œuvre.

 

BIOGRAPHIE DE L’AUTEUR

 

Magistrat Hors Hiérarchie du groupe A, Fodjo Kadjo ABO a exercé diverses fonctions dans la Magistrature ainsi qu'au Ministère de la Sécurité et au Ministère de la Justice. Il occupe actuellement le poste d’Inspecteur Général des Services Judiciaires et Pénitentiaires. 

 

Auteur de onze (11) ouvrages, tous publiés aux Éditions L’Harmattan, il est sacré :

  • lauréat du Prix Haut de Gamme de la littérature 2008 ;
  • lauréat du 2ème Prix d’Excellence 2017 pour la littérature ;
  • commandeur de l’Ordre du mérite de la Fonction Publique de Côte d’Ivoire ;
  • officier de l’Ordre national de Côte d’Ivoire ;
  • chevalier de l’Ordre du mérite culturel de Côte d’Ivoire.

 

AVIS DE L’EDITEUR

 

Justin Yeboua, instituteur à Abidjan, décide de se rendre de façon clandestine en France où il espère avoir une situation bien meilleure. Dans le cadre des préparatifs de son voyage, il écrit à Koffi Ban, son cousin résidant à Paris, pour lui demander de l’héberger jusqu’à ce qu’il trouve du travail.

 

En réponse, celui-ci lui déconseille de s’engager dans une telle aventure. Il s’ensuit des échanges par correspondance qui dégénèrent en un débat très passionné opposant Justin Yeboua, encouragé par le pasteur de son Église, à Koffi Ban, soutenu de son côté par des membres de leur famille.

 

Cette polémique met en évidence un constat : l’immigration clandestine est aussi funeste à l’Afrique que les conflits armés et les pandémies qui ravagent sans cesse ce continent. Ce fléau est-il pour autant considéré comme une priorité dans la lutte contre les désastres ? D’où tire-t-il ses racines ? À qui incombe la responsabilité de son ampleur et de sa progression ? Existe-t-il une volonté réelle de le combattre ? Que faut-il faire pour y remédier ?

 

Ces interrogations constituent l’ossature des réflexions de l’auteur sur un phénomène qui, en dépit des lourdes pertes en vies humaines qu’il entraîne de façon régulière, ne semble préoccuper que quelques bonnes volontés éprises d’humanisme.

 

À travers cet ouvrage, un récit épistolaire, Fodjo Kadjo Abo en appelle à une prise de conscience de la gravité de ce fléau et de la nécessité d’en faire une préoccupation.

 

EXTRAITS DE L’ŒUVRE

 

Page 66, paragraphe 3

 

Oh pauvre Afrique ! Que t’arrive-t-il ? Qu’est-ce qui ne va vraiment pas chez tes enfants ? Seraient-ils sous le coup d’une malédiction ? Comment peuvent-ils en arriver à de telles aberrations ? Au nom de quelle logique des éleveurs peuvent-ils brader leurs troupeaux de bœufs ou de moutons pour aller vendre du poisson fumé en France ? Est-il concevable que des gens puissent brader leurs maisons en Afrique pour aller dormir à la belle étoile en Europe ? Comment des femmes ayant eu la chance d’être dans des unions de rêve peuvent-elles abandonner leur foyer pour aller enrichir d’infâmes proxénètes en Occident ?

 

Page 123, paragraphes 3, 4 et 5

 

Nos ancêtres oints pour servir comme esclaves en Amérique ne se laissaient pas tous faire. Traqués comme des animaux indociles, ils n’étaient choppés qu’après des courses-poursuites ou battues musclées. Même maîtrisés, ils ne s’avouaient jamais vaincus, car ils n’étaient embarqués sur les négriers qu’après d’ultimes tentatives de résistance désespérées. Il en va autrement des migrants noirs en situation d’esclavage de nos jours.

 

Ces esclaves des temps modernes quittent leur continent de leur propre initiative et en toute liberté. Après avoir bravé contre vents et marées les conseils et mises en garde de leurs proches, ils engagent des frais, parfois énormes, pour se faire embarquer dans des camions de transport de marchandises vétustes, puis sur des embarcations de fortune tout aussi obsolètes que l’on pourrait appeler des « migriers ».

 

Quelle absurdité ! En ce vingt-et-unième siècle, des Africains engagent d’énormes frais et bravent la mort pour aller se chercher des maîtres ! Aussi incroyable que cela puisse paraître, des Noirs commettent la sottise de vendre leurs biens pour avoir les moyens d’aller se faire vendre aux enchères en Libye, au Koweït et dans d’autres pays arabes ! Mais la réalité est là, et elle est implacable. 

 

                                                                   

                                       Fodjo ABO

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